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Aphrodite
Vous ici ? Quelle étrange surprise !

Eumène, gênée
De l’état de Perséphone je venais m’enquérir.

Aphrodite, narquoise
Heureuse bienveillance ! Et comment va-t-elle ?

Eumène, sèchement
Allez voir vous même.

Aphrodite
Eh bien, vous n’êtes pas charitable ! En quoi ma requête vous offusque-t-elle ?

Eumène
De vos états de fait suis informée et de votre compagnie me passerai.

Aphrodite
Ah ça ! Mais que vous ai-je fait ? Serait-ce Perséphone qui vous chassa, pauvre hère que vous êtes ? Car elle ne vous aime pas, cela se voit !

Eumène, blessée
De la douleur d’autrui, vous êtes vite satisfaite. Prenez garde, la vôtre pourrait vous rattraper.

Aphrodite
Amoureuse je ne suis de cette âme perdue ! Je m’en amusais j’en conviens, mais me lassais assez vite. Me croyez-vous assez naïve pour être encore éprise ? Allons, écartez-vous !

Eumène, inquiète
Ne l’avez-vous assez blessée et de vos tourments pourchassée ? Laissez-la en paix !

Aphrodite, agressive
Je ne tolère point que l’on me dirige ! Et de liberté personne ne me prive !

Eumène, s’écartant
Comme vous voudrez.

***

Acte VII, scène 2
Aphrodite

Car elle m’appartient ! Elle est à moi et son cœur je possède ! Ah, quelle jubilation d’une femme ainsi détenir les ardeurs ! Car elle m’aime, j’en suis sûre ! Et de mes glorieux atours, ne se détachera point ! Son feu et sa colère sont l’aveu même de sa ferveur, je ne m’y trompe pas, moi qui des âmes connais le chemin ! À mes charmes personne n’est insensible, car des hommes et des femmes je détiens le secret ! Allons savourer notre victoire, sur cette âme si aisément conquise ! Nul doute que l’amour jamais ne me rattrape, puisque de ses ailes je suis dépourvue ! Quelle liberté et quelle jouissance cela procure, sur l’âme d’autrui prendre le pouvoir !

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