Théo jeta un coup d’œil, sélectionna un portrait et deux vues d’ensemble, expliqua qu’il valait mieux faire ressortir le cliché le plus général et réduire les images ciblées. Michel prit les trois photos dans ses mains, pinça les lèvres comme s’il réfléchissait longuement, puis hocha la tête et remercia Théo pour son aide.
- Bon, qu’est-ce que tu me veux en vrai ?
- Comment ça ? demanda Michel, l’air surpris.
- Tu ne m’as pas convoqué dans ton bureau uniquement parce que tu avais du mal à choisir tes clichés. Qu’est-ce que tu as à me dire ?
- Et bien… c’est un peu délicat. Bien que je sois ton supérieur, j’avoue que je n’aime pas avoir à te faire des remarques.
- Je t’écoute.
- D’accord. L’article que tu m’as envoyé hier en fin de journée, il n’est pas bon.
- Et alors ? Je peux le retaper. Il suffit que tu me dises ce qui te déplait.
- Quand je te dis qu’il n’est pas bon, ça ne signifie pas qu’il n’est pas publiable. C’est juste que depuis ton embauche, c’est la première fois que ton travail n’est pas… exceptionnel. Alors je me demande si tu vas bien.
- Hein ?
- Je me fais un peu de souci pour toi. Et je ne suis pas le seul. Thomas m’as fait part de son inquiétude. Il te trouve bizarre depuis hier.
- Michel, je vais t’expliquer un truc simple que tu n’auras pas besoin de répéter à Thomas parce que je vais me faire une joie de le lui dire dès qu’il entrera dans ce journal. Je suis un grand garçon. Je sais que j’ai des problèmes d’insomnie et que ça peut avoir des répercutions sur mon boulot. Mais je vais bien. Donc à l’avenir, si toi ou qui que ce soit d’autre s’affole dès que mon travail n’est pas ‘exceptionnel’, contente-toi de penser que j’ai sûrement un peu de sommeil en retard. Merci d’avance.