CHAPITRE 7
- M. Kilpatrick, avez-vous réfléchi à ma proposition? Demanda le type grassouillet, chauve et au teint hâlé qui venait de prendre place à ses côtés, sur un banc. Vous m’aviez promis une réponse le seize octobre et nous sommes le dix-neuf. Mon employeur n’est pas reconnu pour sa patience, sachez-le.
- M. Brooks, avant d’accepter, j’ai fait ma petite enquête. Je voulais savoir si ce que vous exigiez de moi avait des chances raisonnables de réussir. Car chacun sait que les responsables des services de sécurité ne sont pas tendres envers les traîtres.
- À vaincre sans péril, il n’y a point de gloire, Caporal. Ce vieux proverbe m’a servi de balise tout au long de ma vie et j’en suis fier. Il faut savoir prendre des risques si nous voulons survivre à cette époque sinistre et lugubre.
Un groupe d’ouvriers munis de masques traversèrent la salle de débarquement no: 9 de la station lunaire Indépendance et grimpèrent dans un monte-charge. Dans un des tunnels adjacents, le rugissement d’une déchiqueteuse et, en écho, celui d’une foreuse couvrirent bientôt leur discussion.
- M. Brooks. À l’avenir, évitez de m’appeler par mon nom et par mon grade. Si j’ai décidé de revêtir ces habits grotesques et de falsifier mon empreinte génétique avant de vous rencontrer, ce n’est certes pas pour rien. On pourrait se poser des questions sur la présence ici d’un soldat du N.T.U. accoutré en opérateur minier.
- Il n’y a rien à craindre de ce côté. Personne à part vous et moi ne sait que nous allions nous rencontrer sur cette base. Qui plus est, avant que vous n’arriviez, j’ai passé la zone au crible avec un fouineur (1).