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Petits meurtres artistiques à Paris

Pauline Doudelet


Published by Pauline Doudelet at Smashmords
Copyright 2012 Pauline Doudelet


Merci à Cath et JF pour leurs avis et relectures.

Les pavés de la rue luisaient sous la fine épaisseur d'eau qui se condensait déjà sur le sol. Anastase, enroulé dans son manteau, observait, depuis le trottoir opposé, la fête qui battait son plein derrière les vitres de la galerie Boucicaut. Une ambiance de boîte de nuit avec boule à facettes, flashs stroboscopiques intermittents et surtout cette lumière noire qui donnaient aux invités une allure d'extra-terrestres : peau bleue foncée, yeux et dents d'un blanc fluorescent.

Un couple en grande tenue passa rapidement : lui costard décontracté sur chemise au col entrouvert mais aux boutons de manchettes dégoulinants d'un mauvais goût clinquant, elle robe moulante fendue jusqu'à mi-cuisses et sans bretelle, comme si nous étions encore en été.

Anastase resserra ses bras autour de lui pour se protéger un peu plus du froid et ne pas sombrer dans le désespoir.

Le couple entra dans la galerie, où un cerbère les arrêta, saisit le carton tendu, puis ouvrit une bouche d'où émergea un sourire qui aurait pu témoigner d'un excès de fluor, mais n'était que l'effet de l'ambiance lumineuse. Ils se précipitèrent sur le buffet sans même s'attarder à regarder les toiles peintes au mur.

La correction d'Anastase Aérolite l'empêcha de cracher par terre en jurant la damnation éternelle contre Bastien Boucicaut, propriétaire de la Galerie Boucicaut, Art Contemporain (installations, performances, peintures). Mais il n'en était pas moins en colère.

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