Le petit gras, Denis, avait décidément l'air du dernier des pauvres d'esprit, et avait pris le Poulpe en affection... s'il savait...

- Non merci, rétorqua-t-il rapidement, histoire de couper court à toute autre proposition. Je dois rentrer, la prochaine fois peut-être...

Il était temps de sortir de ce guêpier, rien à tirer de ces jeunes. Décervelés, certes, mais relativement inoffensifs.

- Allez quoi, viens boire un ou deux verres, il sera toujours temps de bouger quand on sera à Paris, surenchérit Sixtine.

La proposition était autrement plus efficace et tentante. Après tout, il y aurait peut-être encore quelques informations à glaner, histoire de faire définitivement un trait sur l'implication des versaillaises à particules dans cette histoire et de comprendre cette étrange coïncidence qui ne cessait de frapper Gabriel en pleine face, côté logique, et qui raisonnait comme le cri de ralliement d'une confrérie prétentieuse.

Mais merde c'était quoi cette embrouille ? Est-ce que c'était par jeu, provocation, curiosité, masochisme... ou juste à cause des formes avantageuse péniblement devinées sous la vareuse de Sixtine que Gabriel se laissait entraîner toujours plus loin du côté des camelots obsolètes en mal de privilèges ? Putain, elle porte le nom d'une chapelle !!! Si Pedro le voyait là, il saurait quoi lui dire pour arrêter les frais. « Ni couronne, ni mandats », c'est quand même pas sorcier à comprendre !

Chapitre 8

« Europe, Jeunesse, Révo-lu-tion ! », « Europe, jeunesse, Révo-lu-tion ! »

Sa tête était lourde, trop lourde, ses paupières définitivement soudées. Un réveil douloureux, pénible, brumeux... Et pourtant... «... jeunesse, Révo-lu-tion ! »

« Me dis pas que je vais avoir la gueule de bois le matin du Grand Soir ?! », se demanda Le poulpe en esquissant difficilement un mouvement. « ... Révo-lu-tion ! »

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